Coin Philo·Ma philo

Entre peurs et phobies

Hello hello cher ami,

Comme prévu, comme nous sommes jeudi, voici mon premier article « personnalité ».

Étant donné que je me considère comme quelqu’un de relativement « peureuse », le sujet de cet article concerne les peurs et les phobies. Qui n’en a pas ? Tu as déjà fait le compte de tes peurs ? De quoi as-tu peur ? Parviens-tu à maîtriser ta peur ?

Bon, encore une fois, je reprends mon Petit Larousse, édition 2005. D’abord, quelle différence y a-t-il entre la peur et la phobie ?

Peur : Sentiment de forte inquiétude, d’alarme, en présence ou à la pensée d’un danger, d’une menace.

Phobie : Aversion très vive. Peur instinctive. Crainte déraisonnable déclenchée par un objet, une personne, une situation et dont le sujet reconnaît généralement le caractère inadapté.

De manière générale, je n’aime pas les extrêmes. Je n’aime donc pas le terme « Phobie » parce que c’est est un.  Le mot « peur » est un peu moins fort et me sied mieux. La phobie est une peur irraisonnée, dont on ignore en général l’origine et qui est difficile à contrôler. Plusieurs de mes peurs, comme la peur des couteaux et objets pointus (achmophobie/aichmophobie), ne semblent pourtant n’avoir aucune origine. Quand je parle d’une de mes peurs, la réaction des gens serait de me demander « Pourquoi j’ai si peur de… ? ». A quoi je hausse les épaules : « Aucune idée ! » Parfois, en toute bonne foi, j’ai droit à quelques conseils : « tu devrais faire des séances d’hypnose », on m’a même conseillé « la réflexologie plantaire ». J’ai envisagé d’aller voir un psy pour essayer de déterminer l’origine de mes peurs et mieux les surmonter. Quelqu’un m’a suggéré une fois que leur origine remontait peut-être à une vie antérieure…

Le truc, c’est que j’ai, malgré tout, appris à en contrôler certaines. Ce qui fait que quand j’en parle aux gens , ils semblent, au premier abord, surpris. Pourtant, à chaque peur, je peux avoir des réactions étranges…

En y pensant, je suis allée me renseigner sur Internet. J’ai repris une liste reprenant les phobies les plus ou moins reconnues… Je vais faire un petit tri… De la peur irraisonnée à la simple peur… Comment elle s’est-elle manifestée et comment je l’ai contrôlée (… ou pas).

Peur irraisonnée/Phobies

  • Les hauteurs (acrophobie) ou la peur de grimper en hauteur (Catapédaphobie)

(Vertical limit, film, 2000)

Plusieurs fois, cette peur s’est manifestée. Plusieurs fois, je suis restée tétanisée à regarder le vide, collée contre une paroi, impossible d’avancer vers le haut, et de redescendre vers le bas. À la fin, je ne sais pas si ce sont les hauteurs ou le vide qui me font peur. Je crois que ce sont les hauteurs quand elles sont visibles c’est à dire quand on a la sensation de vide en dessous de soi. Ce qu’on appelle aussi le vertige.

Pourtant, (et là, je suis assez fière de moi !) lors de vacances en montagne, j’ai tenté un parcours « aventures ». Tu sais, le genre de parcours, ou tu grimpe dans les arbres et glisse le long d’une tyrolienne !!! Deux heures que j’ai tenu !!! Et pas une, pas deux mais plusieurs tyroliennes que j’ai descendues !!! Alors, j’étais fière !!! J’ai regardé droit devant, pas en bas, ça aurait été foutu !!! J’ai visualisé mon objectif : arriver de l’autre côté ! J’avoue… j’ai fermé les yeux quelques fois. J’étais attachée et je me suis raisonnée !! Yahooooo !!!! Au bout de deux heures, j’ai paniqué à l’escalade. Pas de chance ! mais contente quand même d’avoir dépassé l’une de mes peurs !!!

 

  • Les couteaux et objets pointus (Achmophobie / Aichmophobie)

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu peur des objets pointus et particulièrement des aiguilles. Ma mère raconte à qui veut l’entendre que, lorsque j’avais deux ans, en visite chez le pédiatre, alors qu’il s’apprêtait à m’administrer un vaccin, je me suis mise à courir à travers la pièce, fesses à l’air. Quand le pauvre médecin, aidé par maman, me rattrapa, qu’il voulut planter son aiguille dans mes fesses, celle-ci se plia comme si elle avait tenté de percer un gros caillou. Le pédiatre prétendit qu’il n’avait jamais vu cela. A douze ans, le jour de mon diplôme de primaire, c’est à une amie de la famille, infirmière, que revint la tâche de m’administrer le fameux vaccin. Aussi contractée, sa mission fut plus aisée…  aux dépens de la mains de sa fille, l’une de mes amies, que mes ongles avaient maltraités. Ces réactions phobiques se répétèrent à chaque fois qu’une aiguille doit transpercer ma peau. Mais le vaccin de mes douze ans sera le dernier que l’on m’a contraint à faire. Et oui, je ne suis pas en ordre niveau vaccination et je ne me déplacerai probablement jamais dans un pays où des vaccins supplémentaires seraient requis !!!

Pourtant, cette année, par soucis médical, j’ai dû effectuer une prise de sang. J’avoue que le médecin a du me faire deux papiers, à six mois d’intervalle, pour que je prenne mon courage à deux mains et me rende au centre d’analyse. Tu sais quoi ? … Je n’ai rien senti !!! J’ai fermé les yeux, tourné la tête, et c’était fini ! J’ai peut-être une chance de venir à bout de cette peur irraisonnée.

Les couteaux… Je ne sais toujours pourquoi j’ai peur des couteaux et cela, depuis presque autant de temps que les piqûres ! Cependant, c’est un fait… une autre peur irraisonnée.  Ma mère parle toujours en faisant de grands gestes mais elle le fait également quand elle pelle les pommes de terres !!!! Et oui ! Les couteaux à éplucher les pommes de terre m’ont fait fuir, plus d’une foi!s, la cuisine de maman ! En cours de physique, au milieu du secondaire, des « p’tits cons » avaient sortis leurs canifs. C’était les années 90 et beaucoup d’ados que je connaissais s’en trimbalait un. Mais, en cours de physique, ce jour-là, je me suis retrouvée tétanisée, glissant du haut de ma chaise de laboratoire, presque sous la table. Heureusement, ils les ont rangé à temps, je me suis redressée et personne n’a rien remarqué !

Bien que j’ai pu réprimer un peu cette peur en me mettant à la cuisine, je ne mets jamais de couteau à viande à table ! Après tout, j’ai bien appris l’art de couper mes steaks avec un couteau à beurre, mes invités peuvent faire de même !

 

 

  • Peur des espaces publics et, par extension, de la foule ; plus généralement, des espaces où la fuite est rendue difficile (foule, mais aussi lieux déserts) (Agoraphobie)

(Walking dead)

J’aurais plus de mal à parler de cette peur et je crois que j’en parlerai, à part, dans un autre article. Car de mes peurs, c’est celle que j’arrive le plus difficilement à contrôler et qui peut m’empêcher d’accomplir bien des choses.

 

  • Peur des espaces confinés (claustrophobie)

Je trouve que cette peur est assez proche de l’agoraphobie. De petite taille, dans la foule, je suis aussi sujet à de la claustrophobie. D’une part, j’ai besoin de mon espace, de ma bulle protectrice qui a tendance à éclater dans la foule (agoraphobie). D’autre part, de petite taille, je me retrouve souvent la tête entre deux dos et dans ce cas, mon espace personnel est encore plus restreint, je n’ai plus vraiment l’impression d’être dans la foule mais dans un espace confiné, sans fenêtre ni porte.

C’est ainsi que je ne supporte pas les files d’attentes, la fosse dans des salles de concert où tous autres lieux publics. J’ai cette double peur qui m’envahit aussitôt. Pourtant, je ne laisse pas ces peurs m’empêcher de sortir dans ces lieux

En effet, les personnes avec qui je sors généralement connaissent mes angoisses et forment autour de moi une sorte de bouclier et laisse un mètre de distance entre nous. La discussion est aussi un bon moyen d’oublier ma peur. Sinon, je ne sortirais plus de chez moi !

La claustrophobie est une de mes peurs les plus évidentes. L’une de mes premières crises s’est faite, quand j’avais une dizaine d’années, dans mon lit. En pleine nuit, je me suis réveillée la tête sous les couvertures. J’ai tellement paniqué qu’il m’a fallu trois longues minutes pour m’extirper de dessous les draps.

 

Simple peur

  • Les ombres (sciophobie)

Celle-ci est une peur passagère, une réaction face à un probable danger, qui se révèle inexistant. J’ai peu d’exemples en mémoire. Mais l’un en particulier… Une ombre sur l’autoroute ! Cette ombre m’a fait peur pendant tout un hiver. J’avais beau savoir que ce n’était rien de grave, je sursautais à chaque fois que je passais par là et que je la voyais. Elle apparaissait sur un pont d’autoroute tous les soirs. Je savais ce que c’était… des simples décorations de Noël, mais reflété sur la tarmac de l’autoroute, je prenais cette ombre pour un piéton. Quelle idée absurde, un piéton sur l’autoroute ! Mais, ne serait-ce pas possible ? Je suis sûre que si je voyais à nouveau cette ombre, ma réaction serait semblable à cette hiver-là.

 

  • Peur de l’étouffement, notamment par des angines de poitrine (angiophobie)

Cette peur, je pense, doit aussi avoir un lien avec la claustrophobie. Cette peur d’étouffer par manque d’air… il m’arrive aussi de faire des crises de panique quand j’ai trop chaud et que l’air est irrespirable ou quand je suis malade et que j’ai du mal à respirer. Dernièrement, je me suis chopée une angine et c’était affreux. J’avais du mal à respirer par le nez et quand j’ouvrais la bouche, cela me faisait souffrir davantage. Alors, pour ne pas y penser, je dois rester active, je bouge, je sors à l’air libre, je ne tiens pas en place. Quand ça va mieux, je souffle mais je crains à l’avance du moment où j’aurai à nouveau du mal à respirer.

Ensuite, le nez bouché la nuit, c’est une horreur. Je me réveille en sursaut pendant la nuit, prise de panique; Pour éviter cela et je sais que ce n’est pas bien, je mets des gouttes nasales avant d’aller au lit. Mieux vaut prévenir que suffoquer.

 

  • Peur de se mettre en colère en public (angrophobie)

Je ne sais pas si c’est le fait de me mettre en colère en public qui me fait peur ou alors le fait de bafouiller, de perdre mes mots ou d’avoir l’air ridicule. N’aimant déjà pas les conflits, quand je sens que la colère monte et que je suis en public, je déguerpis assez vite.

 

  • Peur de l’échec. (atychiphobie)

La peur de l’échec, n’est-ce pas un bon moyen pour prétendre ne pas commencer ou entreprendre quelque chose de nouveau ou ne pas aller jusqu’au bout, visualisant déjà l’échec ? C’est clairement un manque de confiance en moi et c’est souvent mon excuse !

 

  • Peur du regard des autres (blemmophobie)

Sans cesse, je me demande ce que pense les autres de moi. Je dis souvent que si je devais avoir un super-pouvoir, ce serait de pouvoir lire dans les pensées. Quand je m’exprime honnêtement, je ne peux que me demander : « Que pense réellement cette personne de ce que je dis, de ce que je raconte ? »

 

  • Peur du dentiste (dentophobie)

Je ne vais pas mettre celle-la dans les « vrais » phobies mais cette peur est complètement irraisonnée. Pourtant, c’est une vrai peur !!! La preuve ? Quand j’étais plus jeune, ma mère prenait mes rendez-vous avec son dentiste. J’ai fait une crise de panique alors que j’étais sur le fauteuil. Je hurlais, criais, voulais m’en aller. Elle a juré qu’elle ne m’amènerait plus voir son dentiste et le rendez-vous suivant s’est fait chez un inconnu. Quand j’ai quitté la maison familiale, il m’a fallu six ans pour que je reprenne un rendez-vous. Heureusement, j’ai une bonne dentition mais je ne suis pas à l’abri des caries. J’ai eu droit à trois séances d’affiliée, aucune piqûre et rien de douloureux mais à chaque rendez-vous, l’envie de faire marche arrière et de partir en courant. Étant adulte, j’étais obligée de me contrôler pour ne pas avoir l’air débile ou folle sur le fauteuil du dentiste.

Par extension, si j’y étais obligée… je ne sais pas comment je réagirais face au chirurgien-dentiste (odontophobie)

 

  • Peur de vieillir (gérascophobie)

Qui ne fait pas sa crise de la trentaine, de la quarantaine, de la cinquantaine, etc. Des caps à passer et c’est pas toujours facile. Il y a deux ans, j’ai passé le cap des 30 ans et j’ai eu beaucoup de mal mais j’en parlerai dans un prochain article.

 

  • Peur des cadavres (nécrophobie)

J’avoue que j’ai rarement vu de cadavres humains. Le seul que j’ai dû voir est celui de mon grand père et ce fut un grand choc mais toute la situation dramatique d’un deuil fait cet effet. Sur le coup, je pense surtout aux cadavres des animaux et particulièrement les petites bêtes que nos amis les chats nous rapportent en cadeau.  Quand j’étais plus jeune, j’avais un chat que j’adorais plus que tout, affectueux et surtout très bon chasseur. Pendant les vacances scolaires ou quand j’étais malade, j’étais souvent seule à la maison (ou avec ma sœur). Et donc, mon cher ami me ramenait ses petits cadeaux en bas de l’escalier qui mène à l’étage. Il les déposait avant mon réveil pour me souhaiter « bon matin ». Une horreur !!! Je hurlais, criais sur le félin, fermais la porte des escaliers et courrais me réfugier dans ma chambre. Puis, avec le portable de l’étage, j’appelais avec espoir mon voisin retraité (qui avait la clé de la maison) pour qu’il vienne ramasser ce foutu cadeau. Et seulement, je descendais prendre mon petit déjeuner. Encore aujourd’hui avec mes deux chats, il m’arrive de devoir ramasser ces petits cadavres. Quand je les découvre le matin, j’avoue qu’il me faut un moment pour me décider à les ramasser. J’avoue, j’ai honte de le dire, qu’il m’arrive d’attendre la journée pour le faire. Et heureusement que personne ne me regarde ! J’ai un truc !

Préparation : un sac en plastique très grand, une ramassette et un balai avec un grand manche

Mise en place : le sac en plastique à côté de moi (à une longueur de bras), la ramassette à 1 m de mes pieds, juste devant le cadavre de la petite bête, le balai que je tiens au bout du manche dans la main.

Action : un coup de manche et la créature dans la ramassette. Je dépose le balai derrière moi. De ma main droit, j’attrape le manche de la ramassette cette fois et de la main gauche le sac en plastique bien ouvert. Et là ni une ni deux, le cadavre dans le sac que je referme prestement à double tour sans vider l’air. Et poubelle !

Heureusement, que mes deux femelles ne sont pas de grandes chasseresses et que ça n’arrive pas très souvent.

Pour info, je n’ai pas choisi d’avoir des chats. Je n’en voulais pas à cause de cette peur complètement irraisonnée. Mais, quand j’ai aperçu cette petite chatte, pleine, sur ma terrasse, tellement mince qu’il paraissait évident qu’elle n’avait pas de foyer. Je n’ai pas hésité et j’ai même gardé l’un de ses bébés. 

 

Il y a d’autres peurs qui me paralysent. Et oui, encore ! Mais je ne vais pas en parler dans cet article. Ce sont des peurs qui sont liées les unes aux autres et que je n’ai pas encore appris à gérer. 

 

Et toi, dis-moi, de quoi as-tu peur ? As-tu affronté tes peurs ? As-tu essayé ?

Au quotidien, j’essaye d’affronter les miennes. J’ignore l’origine de mes peurs. Je n’ai jamais été blessée gravement par un couteau, je ne suis jamais restée trop longtemps enfermée dans un espace clos, je n’ai jamais été agressée par un dentiste ni par personne en fait.

C’est pour cela que je nomme mes peurs « irraisonnées » et surtout « irrationnelles ». Je ne sais pas d’où elles viennent mais elles peuvent provoquer chez moi de véritables crises d’angoisse. Quand j’arrive à les surmonter, je sens en moi une sorte de liberté. C’est un excellent sentiment.

Mais, pour tout dire, je ne les avoue pas facilement. Le plus souvent, je dis « Je n’aime pas le dentiste », « Je n’aime pas la foule », « Je n’aime pas les piqûres »… Voilà, ça veut tout dire.

Alors qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Je te dirai de quoi tu as peur 😉 !

 

Bisous,

 

Crazy Scorpion Girl 1984

 

 

 

 

6 commentaires sur “Entre peurs et phobies

  1. Incroyable…ça ne doit pas être facile de vivre paisiblement…tu m’as appris du vocabulaire ☺
    J’ai comme toi des peurs mais il y en a une que je n’arrive pas à contrôler: les abeilles frelons …bichito dans ce genre: mes mains se mettent à suer c’est incroyable. Pour éviter de me lever en criant…chose que je faisais…je ferme les yeux et me dis qu’elle va partir

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  2. Ton article est hyper intéressant !
    J’ai moi aussi plusieurs phobies : l’eau, le feu et les insectes.
    Pour des raisons malheureuses, ma phobie des insectes s’est muée en une peur, au moins pour ça j’en suis ravie.
    Au niveau des peurs que j’arrive à contrôler : peur du dentiste, peur de vieillir, et finalement oui la peur de l’échec, tu as raison ce n’est pas une phobie, je peux vaincre cette peur… Merci pour ton article éclairant qui m’aura aidée, sois en sûre ! ❤

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